Kongo Central : le Député Jean Kimboko Ndombasi dépose un édit pour encadrer les funérailles dans la province
Le Député Provincial élu de la circonscription de Muanda, Jean Kimboko Ndombasi, a déposé ce Jeudi 2 Avril 2026 au bureau de l’Assemblée provinciale du Kongo Central une proposition d’édit visant à réglementer les cérémonies funéraires à travers la province.
A travers cette initiative, l’élu de Muanda entend répondre à un constat jugé préoccupant : les funérailles, autrefois marquées par le recueillement et le respect des traditions, tendent aujourd’hui à se transformer en véritables espaces de débordements, parfois assimilés à des foires, avec des dérives sociales de plus en plus visibles.
Selon l’auteur de la proposition, les mutations sociales, l’urbanisation et les nouveaux modes de vie ont profondément modifié l’organisation des obsèques. Ces changements se traduisent notamment par des veillées prolongées, des nuisances sonores, l’occupation anarchique des espaces publics, ainsi que des coûts souvent élevés pour les familles.
Le texte proposé vise ainsi à instaurer un cadre légal clair pour assainir ce secteur et rétablir l’ordre dans l’organisation des cérémonies funéraires, tout en valorisant la culture Kongo dans ses dimensions spirituelle, communautaire et identitaire.
Parmi les mesures envisagées, il est notamment prévu de limiter la durée de conservation des corps à la morgue à un maximum de sept jours. « La mort est un événement universel. Un corps ne peut pas aller au-delà de sept jours à la morgue au Kongo Central », a déclaré l’honorable Jean Ndombasi
La proposition insiste également sur la nécessité pour les populations d’adhérer à des mécanismes de solidarité, notamment à travers des mutualités et chorales, afin de faire face aux charges liées aux funérailles. Ces structures pourraient, entre autres, faciliter l’acquisition de cercueils et la prise en charge de certains frais.
En outre, toute occupation de la voie publique, notamment pour l’organisation des veillées, devrait être soumise à une autorisation préalable des autorités urbaines et territoriales, notamment de la mairie et du Territoire, afin de garantir l’ordre public et la tranquillité des riverains.
Le projet d’édit prévoit également des dispositions spécifiques pour la gestion des corps abandonnés ou en situation jugée indécente, dans le but de prévenir les cas de conservation prolongée et de préserver la dignité humaine.
Cette proposition devra être examinée par les députés provinciaux avant son éventuelle adoption. Si elle est validée, elle pourrait marquer un tournant important dans la gestion des cérémonies funéraires au Kongo Central, en conciliant respect des traditions et exigences modernes de gouvernance.
Raphaël Ngoma

