Depuis sa cellule à Kinshasa, Constant Mutamba fixe la ligne rouge du dialogue national ‎ ‎

0
Post 160

Détenu depuis plus de cinq mois à Kinshasa, Constant Mutamba s’exprime à nouveau sur le processus de dialogue national en gestation en République démocratique du Congo. Se présentant comme le « chef de file de l’opposition républicaine », l’ancien ministre de la Justice pose des conditions claires à toute éventuelle participation, rejetant ce qu’il qualifie de simples effets d’annonce.

‎Pour Constant Mutamba, le dialogue ne saurait se limiter à des slogans politiques. Il exige avant tout des actes concrets, à commencer par une décrispation politique réelle en faveur des opposants et leaders d’opinion non armés, qu’il estime victimes d’arrestations arbitraires et de condamnations injustes. Il appelle également à des garanties crédibles de sécurité pour permettre le retour au pays des opposants vivant à l’étranger, ainsi qu’à une conduite sincère et de bonne foi du processus.

‎L’opposant met en garde contre toute dérive du dialogue. Selon lui, celui-ci ne doit ni servir de cadre à un partage du pouvoir, ni se transformer en mécanisme de réhabilitation politique de groupes armés. « Soixante-six ans après l’indépendance, notre État n’a plus besoin de comédiens opportunistes », tranche-t-il, dans un ton sans concession.

‎Se disant « parmi les plus brimés par le système », Constant Mutamba affirme avoir été victime de condamnations injustes, d’arrestations illégales et de multiples atteintes à ses droits. Malgré ces épreuves, il revendique son choix de rester en RDC par patriotisme, rejetant aussi bien l’exil que la lutte armée.

‎Il cite notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund et Adolphe Muzito comme figures d’une opposition pacifique, qu’il oppose aux logiques de violence et d’instabilité.

‎Ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba est détenu depuis 154 jours. Il conclut en affirmant que sa privation de liberté serait liée à son refus de « se soumettre à un système mafieux » et à sa dénonciation de ce qu’il qualifie d’agression rwandaise contre la RDC.

‎Raphaël Ngoma

 

Loading

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *